1053km y La vie sourit.

1053km y La vie sourit.

Parfois dans la vie, la chance nous sourit. Parfois moins ! Et la chance, c’est à un certain niveau, une question de perception. Nous pouvons toujours voir du positif dans le négatif, et vice-versa – le choix nous appartient, dépendamment de la gravité de la situation.

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Première vraie sortie de Berry the Bus en 2016 – Un incroyable dimanche, 17 avril 2016. Nous partons de Black Lake à 7h45 Sophie et moi, en direction de Disraeli pour y prendre Amélie et se diriger vers Boston ! Nous avions depuis longtemps prévu ce petit périple pour un show, un excellent groupe de musique, Underoath, en tournée de « renaissance » (oui, their Rebirth tour, après quelques années à ne pas jouer ensemble).

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Un ciel parfaitement bleu, des prévisions météo idéales – autour de 20 degrés. Berry the 68 VW bus was on fire, dans le bon sens du terme ! En fait, dans les 2 dernières années, il a reçu beaucoup d’amour – la plupart des pièces électroniques sont neuves au niveau moteur, freins et roulement, suspensions, etc. Bref, il est prêt pour la route, totally. Nous avons donc descendu par le poste-frontière de Coburn Gore, la 27 sud passant par Sugarloaf. Une route déserte, de magnifiques vallées et de nombreux lacs gelés, des paysages magnifiques, de la bonne musique et tout ça en excellente compagnie.

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80km/h, un nid de poule apparaît sur un tronçon flambant neuf – 3 mètres de large, 1 mètre de long et je ne sais combien de profond ! Il ne faut pas s’attendre à des miracle – Un VW Bus, ça pèse 3x le poids d’un petit véhicule « de promenade » et ça ne freine pas comme on veut. Alors, bang, un bruit d’enfer ! Je me dis, ça doit être le moteur qui a accroché ou les pares-chocs. On continue car tout semblait pourtant correct puis nous arrêtons un peu plus loin acheter quelque-chose à se mettre sous la dent dans un petit dépanneur. Je réalise en ralentissant, que c’est ma pédale à essence qui ne remonte plus d’elle-même ! Le petit ressort en métal – il semble n’avoir que 48 ans d’âge, oups – a cédé. Je trouve une solution de rechange en 2 minutes, puis sur la route un peu plus tard, je décide d’arrêter devant un garage pour prendre quelques minutes de plus pour le réparer adéquatement – une petite pause pour nous en même temps et quel beau soleil !

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Rapidement, un gars sympathique à la barbe généreuse arrête avec sa camionnette, nous demandant si tout va bien – la tête sous le véhicule, couché par terre, je parviens à la sortir légèrement pour voir l’homme en question et n’ayant pas compris – Sorry, dude? – il se met à rire, un rire franc et sympa, qui donne bien l’impression que c’est un sacré bon jack. Lui expliquant le problème, il regarde rapidement dans ses outils puis dit – My house is about 15 miles south from here, I have everything we need to fix this quickly ! – Pas un détour, c’est sur notre chemin.

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Alors, on se donne rendez-vous chez lui, à Kingfield, rue Lexington. Il avait un petit arrêt à faire, nous arrivons avant lui. En attendant devant la maison, un homme, tout aussi barbu lui ressemblant drôlement (son père, bien sûr) sort avec 2 mastodontes – 2 énormes chiens blancs, Christmas et Jake. Peu après, notre ami nous rejoint. Il va chercher ce qu’il faut dans le garage, répare le tout en 5 minutes et nous discutons musique et péripéties de sa jeunesse et de ses bons souvenirs à Montréal, alors que l’âge pour acheter de l’alcool est de 18 ans au lieu de 21 aux US.

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Back on the road (27/16 heading south to the 95S). À Augusta, nous rejoignons finalement la 95. Heureux et souriants, nous pouvons augmenter d’un tantinet notre vitesse de croisière à 60 miles/h (environ 95 km/h). Lorsqu’en fin d’après-midi (autour de 16h30), le moteur s’arrête soudainement. Mon cerveau se met au travail, je souhaite que ça ne soit pas le moteur en lui-même qui ne soit collé car j’ai déjà vécu cette situation une fois dans le passé. Petite vérification au niveau du crankshaft (la poulie principale reliée à tout le mécanisme du moteur/pistons, cylindres, etc.), quelques tours confirment que le problème n’est pas là (Fiou!). Alors où il est, ce fameux problème? Le démarreur fonctionne, mais rien au niveau de l’allumage. Vérification du coil: Aucun courant. Il est neuf le coil, how is it possible? Let’s try another one ! (oui, lorsqu’on fait pas mal de route avec un véhicule qui a quelques années – 48, quand même – on prévoit toujours un coffre à outil et quelques pièces de rechange). So, même problème, pas d’électricité. What the hell?

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Encore au nord de Boston, nous n’avons plus tellement de temps pour réfléchir si nous voulons arriver à l’heure et aucune possibilité de toute façon, de trouver des pièces pour faire d’autres tests. Nous sommes sur la 95 sud, un dimanche après 17h00 – aucun garage ou lieu de vente de pièce ne sera ouvert – Alors, let’s call the AAA! Le « dispatcher » prend l’appel, confirmant que j’ai droit à 100 miles, ce qui nous amène pratiquement à Boston. Super, demain sera un autre jour et je continuerai mon analyse du problème. Alors, durant l’appel, on nous demande quelques points de repères pour qu’ils puissent nous localiser précisément sur la route.

Surprise, aucun marqueur de miles, aucune sortie ni indication de sorties autant vers le nord que le sud. Au milieu de la forêt. Avec, en prime, pas de réseau fonctionnel pour les données et le GPS qui ne peut pas non plus nous aider. Limite avec le signal cellulaire!

On nous dit donc après un certain moment d’appeler le 911 pour qu’eux nous localisent, ce qui sera fait (nous sommes au mile 60.5) avec en prime, la visite d’un policier. Un problème avec le AAA (et les dépanneuses en général): Nous sommes 3. La plupart du temps, pas de place pour plus de 2 passagers. Alors, on nous dit qu’ils devront nous rappeler, tenter de trouver ce qu’il faut pour nous embarquer tous. L’heure avance, environ 18h30. Plusieurs appels pour nous tenir au courant des développements, puis nous qui commençons à nous dire que nous devrions annoncer que nous sommes deux et ce serait plus simple de cacher quelqu’un dans Berry.

19h00 – Nous rappelons donc pour dire que nous pourrons n’être que deux. Malheureusement, ça ira tout de même à 20h30 avant que la dépanneuse n’arrive. Nous embarquons Berry sur la plateforme (avec sa passagère, qui fera près de 2 heures de route à travers les bagages), prenant la route vers Boston, espérant pouvoir y arriver rapidement. En regardant le GPS du conducteur, nous réalisons qu’il estime notre arrivée à 22h15, ce qui est déjà limite pour le show. Pas de problème, il roule à 80 miles/h (près de 130 km/h!). En vain, à force de s’approcher de Boston, nous réalisons que nous risquons fortement de ne pas arriver à temps. En plus, ça ne servirait à rien d’essayer de faire déposer Berry dans une rue en plein centre-ville histoire d’être près du House of blues pour ne serait-ce que de risquer de voir une seule chanson, ou probablement pas. Car nous appelons au House of Blues et on nous annonce que le show finit à 22h30. Alors, aussi bien trouver un endroit où passer la nuit et cesser de descendre vers le sud.

Débute la recherche d’un hôtel « pas cher » (Le CAA/AAA + offre un montant remboursable pour le logis et la nourriture dans ces conditions). Je me met à téléphoner, tout est plein ou coûte près de 300$ USD la nuit! Nous sommes pourtant au milieu de rien. Après quelques appels, nous trouvons quelque-chose de beaucoup moins cher, déjeuner inclus, à Amesbury. C’est là où nous déposerons Berry et passerons finalement la nuit, déçus mais bien contents d’être arrivés. Et content malgré tout d’avoir eu une superbe journée ensoleillée et chaude, avec de magnifiques paysages et de belles rencontres.

Nous profitons au réveil du déjeuner inclut à 8h00, après avoir téléphoné au NAPA et également à un garage spécialisé en voitures allemandes. Scott, du NAPA Amesbury, m’informe qu’il peut recevoir la pièce vers 14h00, ce qui semble un peu tard. Il m’informe qu’il pourrait la tester et me dire ce qu’il en est. En parallèle, un autre garage retourne mon appel et peut avoir la pièce autour de 12h00. Petite marche de 25 minutes au soleil vers le NAPA, nous rencontrons Scott qui vérifie le coil: Surprise, il n’est pas défectueux. Alors, il ne reste pas 3 autres possibilités entre le point A et le point C (A étant la clé et C le distributeur, donnant le feu aux bougies pour le démarrage – B étant, ce fameux coil donnant le courant nécessaire au distributeur lors du démarrage).

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Nous retournons voir Berry, remettant le coil. Il ne produit définitivement pas d’électricité mais montre qu’il reçoit bien le signal du démarrage. So what? Et bien, le distributeur, de marque Empi avec allumage électronique flambant neuf de l’an dernier qui fonctionnait comme un charme, pourrait être la cause. J’en ai un de rechange, à pointes celui-là, qui ne sont bien sûr malheureusement pas ajustées. Je le test tout de même directement, je réalise que; Oh! Maintenant, le coil envoie de l’électricité. Alors, le distributeur neuf est le problème, le module électronique ayant probablement brûlé sans raison. Et oui, en 2016, ça semble parfois difficile d’avoir des choses de qualité.

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Appel chez NAPA pour avoir des pointes ou un distributeur neuf. Scott me dit: Je peux vérifier le distributeur et ajuster les pointes sans problème! Petite marche à nouveau, au beau soleil, tout en discutant de tout et de rien. Arrivés au magasin, Scott ajuste le tout, confirmant que les pointes sont neuves et que ça devrait fonctionner. Sa confiance contagieuse nous remplit de joie à nouveau, nous retournons donc au véhicule. Il est maintenant près de 15h30. Je change le distributeur, tente un premier démarrage: Bingo!

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Nous rangeons un peu, allons prendre un petit festin au Friendly’s (pas du tout « USA »’s food, non non!) et revenons à Berry pour reprendre la route. Surprise, aussitôt que j’appuie un peu sur l’accélérateur après avoir embrayé, le moteur a envie d’étouffer. J’appelle un ami mécanicien au Québec pour me guider, nous discutons un moment et il me fait réaliser qu’en remettant le distributeur, je n’ai pas ajusté le timing et que tout le processus de fonctionnement du moteur est maintenant inadéquat. Quel épais, oui oui!
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Je téléphone à nouveau Scott qui nous avait donné le numéro d’un homme connaissant bien les moteurs à carburateur et pouvant se déplacer, mais je n’était pas arrivé à le rejoindre encore. Il est 16h30, Scott me dit qu’il tente à l’instant de le rejoindre et qu’il me rappellera. Entre-temps, Amé trouve un superbe vidéo youtube (vive youtube! – sans pub s.v.p.) de moins de 3 minutes qui explique comment ajuster le timing d’un moteur 1600cc dual port VW, soit le même qui se trouve dans le véhicule. Entre-temps, Scott téléphone pour nous annoncer qu’il a rejoint Steve, qui passera nous voir dans les 20 prochaines minutes.

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Surprise à nouveau: Non seulement ajuster le timing est-il plus simple que ce que je croyais, mais en plus, ça fonctionne vraiment à la perfection. Quelques tours de la poulie principale, ajustement vis-à-vis un indicateur sur la poulie et un sur le bloc moteur, trouver le « point mort haut » en tournant le distributeur et en utilisant un testeur, un peu de précision à l’aide d’un crayon et bingo. Steve arrive par la suite, il regarde le tout et semble bien satisfait de ce qu’il entend. Que de gens sympathiques, thank you so much !

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Et voilà, nous revenons en direction nord, vers le Québec. Bien sûr, assez déçu de ne pas avoir pu assister au show. Mais finalement, pas mal content de ce petit roadtrip plein de péripéties. De belles rencontres, de paysages neufs et changeants. De la température parfaite, d’un petit avant-goût de l’été. D’ajout d’expériences de vie, de connaissances mécaniques. D’un changement de routine et d’une courte impression de voyage, d’éloignement. D’agréables moments entre amis, à partager ces aventures loufoques et ces multiples émotions, quelque centaines de miles on the road.

1053 kilomètres et la vie sourit!
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