Fin du périple: Conclusion et réflexions de vie.

Et voilà, déjà terminé. Près de 2 mois sur les routes du Pérou, de la Bolivie et du Chili.

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J’avais délaissé l’écriture pour profiter des derniers instants complètement. J’avais besoin de réflexions, de conversations profondes avec les gens que je rencontrais. D’être vraiment là avec eux, au moment présent.

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En un sens, ces 2 mois m’ont sauvé la vie. Littéralement. Un mal de vivre intense et profond m’envahissait depuis déjà longtemps, des problèmes personnels qui ne faisaient que s’acharner et revenir toujours un peu plus en puissance. Subir, surtout, les problèmes de certains. Mais à un point excessif. Une éponge à négativisme, certes. Ce qui, bien entendu, a ses limites.

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Je suis donc descendu jusqu’à l’île de Chiloé en arrêtant un instant à Concepcion voir le père de mon amie Solange. Nous avons passé une journée ensemble, direction Arauco, près de Lota. En fait, c’est là où le tsunami de 2010 avait le plus touché la côte, puis en 2012 un énorme feu s’est occupé d’achever les forêts du coin. Comme quoi certains n’ont vraiment mais vraiment aucune chance!

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Ensuite, direction Chiloé! J’avais déjà mis les pieds à Chiloé en 2009. C’est un endroit que j’ai particulièrement apprécié pour sa tranquillité, pour le rythme de vie, pour ses odeurs, pour ses couleurs, un peu tout finalement. Je n’ai passé qu’une journée, sachant que je devais remonter sur mes pas jusqu’à Lima (quelques…3500km de bus au nord). J’ai donc décidé de prendre un bus pour Puerto Varas, petite bourgade allemande située sur le bord du lac Llanquihue.

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J’ai donc passé 2 journées à déambuler dans cet endroit que j’aime beaucoup, à y respirer l’air frais et à réfléchir à ma vie. Ou du moins, à ce à quoi j’aspirais il y a quelques années. À ce futur, mais lequel?

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Départ pour Pucón, au pied du volcan Villarica. Ce petit village est un paradis pour les voyageurs à la recherche d’activités sportives. Que ce soit pour le ski, le kayak, l’ascension du volcan, les randonnées dans les multiples parcs nationaux tout autour, le rafting, les sources thermales, etc. J’ai donc passé 3 jours à partager de superbes moments avec des amis anglais, chiliens, norvégiens, français et suisses. À faire, à nouveau, l’ascension du volcan Villarica qui, encore une fois, ne m’amena pas au sommet. Des vents de 60 km/h nous empêchant de pouvoir embarquer sur la calotte de glace pour continuer notre montée.

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Ensuite, retour vers le Pérou, près de 3000km plus au nord. 3 journées d’autobus, dont beaucoup d’heures dans le désert d’Atacama. Et là, c’est le temps de philosopher. À la vue de ces paysages de sécheresse, où seul le sable et la roche sont visibles, le cerveau se met en fonction. Le retour est près, mais pas encore. Les rencontres, les chemins parcourus jusqu’à présent, vos pensées, vos réflexions, le cerveau bouille littéralement.

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C’est alors que je suis arrivé à Arica, au nord Chili, où la bus nous laissait au petit matin. Une péruvienne s’approcha de moi et me dit: « Est-ce que ça te dérange qu’on marche ensemble jusqu’à la gare? ». Elle racontait que c’était un coin un peu dangereux la nuit et que le gars assis à ses côtés dans l’autobus a essayé de se coller contre elle tout le voyage d’Antofagasta à Arica. Alors nous sommes allés ensemble et avons partagé le voyage en taxi jusqu’à Tacna, puis l’autobus de Tacna à Arequipa.

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À Arequipa, j’ai décidé de retourner à Cusco à nouveau au lieu de revenir directement à Lima. Une envie de revoir mes nouveaux amis, de passer les 3 journées qu’il me restait à partager ces moments avec des gens que j’aime. J’avais aussi eu 3 jours de solitude, dans les transports. 3 journées à réfléchir profondément, à répondre à des questionnements, à prendre des décisions.

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Puis, les grèves minières bloquaient la route peu avant Juliaca. Notre combi réussit à trouver une route de terre, la route étant bloquée par des milliers de pierres. Quelques villageois commencèrent à courir après notre véhicule, roche à la main. Parce qu’ici, lorsqu’il y a une grève, ça signifie arrêt des transports en commun, solidarité à la cause et donc routes barrées et un brin de colère lorsque les gens manifestant voient un transport enfreindre l’arrêt.

Nous avons finalement atteint Juliaca! Mais maintenant, ce sont les autobus qui ne peuvent pas partir du terminal à cause des routes barrées. J’ai donc attendu jusqu’à minuit avec une soixantaine de péruviens, qui désirent rejoindre la ville de Cusco. Après avoir attendu 4 heures à l’une des compagnies et ayant compris qu’ils ne partirait pas dans la nuit même si la dame nous a répété 15 fois « oui, dans 15 minutes on va avoir la confirmation que la route est débloquée », nous avons demandé remboursement de nos billets et sommes allés à la seule autre compagnie ouverte qui nous juraient qu’il serait possible de partir dans la nuit pour Cusco. J’en ai profité pour parler politique avec quelques péruviens, puis finalement nous avons pu partir avec le bus et rejoindre Cusco aux petites heures du matin.

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Les derniers jours à Cusco ont été vraiment agréable. J’ai rencontré Anne-Laure et Vincent, un couple français merveilleux qui viendront visiter le Québec en juillet. Il y a également eu un début d’incendie à l’hostel de Sarah, l’hostel La Bohème, un voleur le même soir, bref que d’aventures!

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Et puis voilà, le retour à Lima, 2 jours avant le retour. J’ai passé un moment avec mon amie Liliana, nous avons visité la maison de la littérature et marché dans cette ville qui, étrangement, me plaît de plus en plus. Et ce jour fatidique du 31 mars 2014, mon vol me ramena à Fort Lauderdale, où j’avais 24 heures d’attente avant mon second vol. Je me suis donc trouvé un hostel pas tellement loin de l’aéroport, où j’y rencontrais Doug, un étasuniens du Minnesota ayant son entreprise de vidéo. Un étasuniens comme on en croise peu, qui s’oppose au gouvernement complètement et qui me fera, le jour du 1er avril, manquer mon vol indirectement.

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Non, c’était ma faute bien sûr. Mais nous déjeunions sous les palmiers, avec une irlandaise d’un certain âge qui également, s’opposait et dénonçait grandement le gouvernement et les politiques du pays. Puis, je réalisais qu’il était 8h10 alors que j’avais 15 minutes d’autobus et que mon vol partait à 9h00. Et voilà, j’arrivais à la porte du sas, elle venait de fermer. Impossible de rentrer, j’ai finalement été replacé sur 2 autres vols décalés, sans frais.

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Et puis, vous savez, le retour.

Je réalisais que, vraiment, ce périple m’a sauvé. Dans bien des facettes de ma vie. Ne serait-ce que pour la fatigue extrême et le dos sans cesse crispé, montrant le stress qui me mangeait de l’intérieur avant le départ. Maintenant terminé. Le moment présent, l’importance de ne pas toujours vivre demain ou plus tard, juste…maintenant. Mais je reviens aux élections, là où, il était bien certain que le PLQ serait ré-élu. Avec les mêmes politiques néolibérales citant la privatisation d’Hydro-Québec et de la S.A.Q., les coupures en éducation et en santé, bref les mesures d’austérité ridiculement destructrices pour les peuples, mais tellement gagnantes pour le 1% de petits amis déjà beaucoup trop fortunés.

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Ce fut en quelque-sorte un mur qui me tomba au visage. Me rappelant que l’humain oublie si vite. Qu’il ne se respecte tellement pas, ou la naïveté du climat de peur avancé par ces mêmes vieux partis pourris qui divisent la population pour bien mieux nous manipuler.

Repensant à cette plénitude retrouvée, à tout ces liens créés avec des gens tout simplement extraordinaires durant le périple. À ce que vous vous disiez lors de vos périodes de solitude, de philosophie. Mais surtout, à votre enfant que vous adorez. Cette petite partie de vous que vous n’avez pas eu la chance de voir durant 8 semaines. Qui semble avoir grandit de 5 années. Avec qui vous aviez de la difficulté à profiter des moments, car trop fatigué de la vie et sans énergie.

Car le voyage, ça sert à se retrouver. À retrouver nos racines, à se réconcilier avec soi. À vivre, vraiment. À voir plus clair aussi. À être dans un contexte de vie complètement différent, une autre « normalité » que celle que l’on connait. C’est une façon, pour certains, de guérir. D’être mieux, d’être plus heureux.

Au plaisir d’écrire à nouveau bientôt et que cette finalité ne fut pas trop lourde,

Matt

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Santiago – Chili.

Un retour au Chili.

Bon, je réalise que j’oublierai la Patagonie pour cette fois, manque de moyen et manque de temps flagrant. Mon billet de retour est acheté, je repartirai de Lima (beaucoup moins cher) et dois donc penser que j’aurai à remonter jusqu’au Pérou.

14h50, départ de San Pedro de Atacama. Désert, éoliennes, un aurevoir au volcan Lincancabur qui disparaît peu à peu à l’horizon. Au passage de la ville de Calama, j’aperçois des magasins grandes surfaces comme rarement j’ai pu en voir. Ripley’s, Lider (anciennement chilienne, achetée par Walmart), Easy, Paris, bref ça fait changement des marchés locaux et ça rappelle grandement les raisons du coup d’état en 1973, puis tous ceux qui suivirent jusqu’à aujourd’hui.

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Voilà, arrivé!

3 jours à Santiago avec mon amie Solange, que j’avais rencontré en 2008 à Lota, pas loin de Concepción. Je parcours la ville à pied, jusqu’à me perdre en début de soirée au retour de ma visite du Cerro San Cristóbal.

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Santiago, c’est plus de 7 millions d’habitants avec les communes. C’est une ville extrêmement riche en architecture, en paysages, en histoire, en culture, bref il faut la visiter pour comprendre. Pour ma part, j’ai un intérêt assez marqué pour la politique et La Moneda, le palais présidentiel, me rappelle toujours les images du coup d’état de 1973.

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Pour ceux qui connaissent moins, voilà un résumé.


(photo: http://diario.latercera.com/2011/07/14/01/contenido/pais/31-76365-9-revelan-nombre-de-pilotos-que-habrian-atacado-la-moneda.shtml)

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(Vue de O’Higgins.)

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11 septembre 1973.

La Moneda est entourée par l’armée chilienne même qui oblige Allende à se rendre et à donner sa démission. Il refuse car élu démocratiquement 3 années plus tôt, seul chef légitime du pays. Puis vers 12h00, le palais présidentiel est attaqué à coup de roquettes par deux avions de chasse et multiples chars d’assauts se trouvant devant le palais. Après deux heures de destruction, l’armée entre dans le palais puis Allende est retrouvé mort. Il se serait enlevé la vie avec un Ak 47.

Dans les jours qui suivirent, le congrès fut dissout par la junte militaire, qui suspend également la constitution et interdit les partis politiques. Un couvre-feu est instauré, puis dans les jours, mois et années qui suivirent, l’armée fera la guerra aux « intellectuels » (aux penseurs et aux gens contre le capitalisme), aux artistes, aux musiciens, aux membres de partis politiques anciennement opposés, etc.  » Pendant des jours, on voyait des cadavres joncher les bords des routes ou flotter sur le fleuve Mapocho qui traverse Santiago. » John Dinges.

Il faut revenir quelques années auparavant, en 1956, pour comprendre le long processus d’un coup d’état aussi pervers et sale soutenu et encouragé par les États-Unis. C’est cette année que l’Université Pontificale Catholique du Chili acceptera un échange avec l’Université de Chicago, où elle enverra plusieurs étudiants chilien en économie suivre et assimiler la doctrine de Milton Friedman, père du capitalisme sauvage, qui utilisa le Chili comme laboratoire, avec le plus grand plaisir des États-Unis et de la CIA. Ses idées, brièvement, étaient de déstabiliser le pays sous toutes ses formes, créer un climat de peur et d’insécurité chez les habitants, instaurer un état de panique généralisé menant à une soumission totale et « bâtir » le pays sous de nouvelles bases. Celles de la privatisation totale, que ce soit au niveau des industries, de la santé, de l’éducation, etc.

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J’ai donc visité le musée de la mémoire et des droits humains, extrêmement intéressant, avec de nombreuses scènes vidéos, des photos, de nombreux livres et articles sur le coup d’état et la dictature, on pourrais facilement y passer une journée entière sans même avoir le temps de tout lire.

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J’ai terminée mes 2 autres journées à visiter certains parcs de la ville, le Cerro San Cristóbal, le Cerro Santa Lucia (visité par Charles Darwin à un moment), à déambuler sur les avenues interminables et à profiter de la chaleur qu’il faisait.

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Et cap vers Chiloé!

Matt

Uyuni – Bolivie à San Pedro de Atacama – Chili.

Ces rencontres passagères.

Quelques minutes, quelques heures.

Ou encore quelques jours.

Sans cesse en mouvement, sacs sur le dos ou dans un transport, entre 2 destinations.

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Avant mon départ pour Uyuni, j’entre dans les bureaux de l’agence avec qui j’effectuerai le trajet jusqu’à San Pedro de Atacama. Qui ne vois-je pas, Meftah, que j’avais rencontré à Potosí à mon hostal, avec qui j’avais mangé avant mon départ le jour précédent après la visite de la mine de Potosí.

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Coïncidence amusante, surtout au nombre d’agences présentes à Uyuni. Alors, un second aurevoir avant d’embarquer dans le Toyota LandCruiser de Cordillera Tour. Felix, notre conducteur pour les 20 prochaines heures dans l’altiplano bolivien. Esther, belge, en voyage pour 6 mois en amérique du sud. Et puis notre troisième ami, habitant à Montréal, venant du centre de la Chine.

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Départ à 15h30 d’Uyuni, 3600 mètres d’altitude. Felix ne cesse de nous faire jouer avec les fenêtres du 4X4, semblant en faire une obsession. Demandant à fermer celle arrière-droite, tout en ouvrant de 3 centimètres celle arrière-gauche et la sienne de 1.5 cm. Aux 10 minutes, changement de fenêtre à ouvrir et à fermer. Ça m’a bien fait rire!

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Sans canal radio, j’utilise donc mon téléphone. Création d’une liste de lecture. Dans tout ce que j’ai insérer, Felix préfère de loin Mana, groupe de musique latino-américain du Mexique. Nous discutons en anglais car notre ami de Chine ne parle pas espagnol. D’un peu tout et rien, de rencontres, de voyage. En venant à cette idée, de rencontres éphémères et de courte durée. De richesse humaine, de l’importance de notre famille et de nos amis.

Ce qui, au final, en fait notre propre richesse. Pas la capitaliste. Pas la monétaire.

La richesse humaine, la seule et unique qui vaut tout.

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En fait, ça m’a rappelé le film « Into de Wild ». Persuadé de ne pouvoir vivre qu’avec soi-même et pour soi-même au départ, réalisant au final que cette solitude et cet isolement social ne mènent pas au bonheur. Que rien ne vaut le partage de nos expériences, de nos sentiments, de ces courtes rencontres, de nos pensées avec les gens que nous aimons.

Puis un long silence.

Brisé par un fou rire de Felix. Je me revire vers l’arrière du véhicule, Esther me regarde sans non plus trop comprendre. Felix est en fou rire car notre ami vient de s’endormir et ronfle comme rarement je n’ai entendu quelqu’un ronfler. Alors, tous ensemble!

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Nous arrivons à Villa Mar tout juste avant la nuit. Petit village perdu près du désert de Lipez. Notre logis compte plusieurs dortoirs rudimentaires et nous attendons un autre petit groupe avant le souper à 19h30. Aussitôt la nuit tombée, un froid assez intense se met à glacer les os. Nous devons être à environ 4500 mètres d’altitude.

Souper en compagnie des nouveaux arrivés, tous du Brésil. Et finalement, tous au lit à 20h30!

Réveil à 5h00 du matin, nos 2 véhicules arrivent vers 5h30. Départ vers la frontière Bolivie/Chili. La noirceur permet peu à peu de découvrir un paysage martien, désertique, des salars par ci par là. De toute beauté. Et aussi, les flaques d’eau gelées. Nous atteignons les 5000 mètres, plus aucune végétation.

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Déjeuner à la frontière en compagnie d’autres étrangers, nous quittons Felix et son LandCruiser pour un autre véhicule nous transportant jusqu’à San Pedro de Atacama, 2000 mètres plus bas. Enfin, de la chaleur!

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Je trouve un bus direct pour Santiago, 24 heures de route. Je n’ai plus qu’à attendre 3 heures à San Pedro avant le départ!

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Sucre et Potosí – Bolivie. 6 mars au 10 mars 2014.

Sucre et Potosí.

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Sucre, de toute beauté.

Une ville magnifique, où j’ai eu la chance de rencontrer Omar et Orlando, deux frères d’une amie bolivienne habitant à Québec. J’ai eu la chance de passer quelques jours à découvrir la ville et ses habitants.

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Puis, musiciens, Omar et Orlando m’ont fait écouter beaucoup de musique de Bolivie, de tous genres. Orlando jouait justement avec son groupe au lycée militaire de Sucre pour l’élection de la princesse annuelle, où j’ai été prendre quelques photos de leur groupe.

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Tous affamés, nous nous rendirent ensuite dans un petit restaurant pour y dévorer poulet et pâtes avec une sauce plus ou moins épicée. Direction la maison du bassiste! J’ai passé la soirée avec eux autour de quelques chansons et vidéos musicaux, puis de quelques verres sous un orage puissant avant de rentrer pour quelques heures de sommeil.

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Potosí, 4070 mètres. Rencontre avec l’oncle d’Omar et d’Orlando à mon arrivée au terminal de buses. Il m’accompagne à un hostal à très bon prix, très propre, dans un bâtiment empli d’histoire. Nous allons manger, à nouveau poulet et pâtes avec cette délicieuse sauce rouge foncée, puis je rentre sous une pluie battante et un froid perçant les os.

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Le lendemain, découverte de la ville à pied. Je parcours multiples kilomètres à travers les ruelles pleines d’histoires et une architecture magnifique. Il fait relativement chaud et le soleil est de la partie! Au retour à mon hostal, je rencontre une australienne, Stephanie, parlant parfaitement français et Meftah, français d’origine algérienne. Puis un danois, avec qui Stephanie voyage et qui part le soir même pour Sucre, pour y suivre 1 mois de cours d’espagnol. Nous allons donc manger ensemble avant son départ, imaginez! Du…poulet et des pommes de terres frites! Décidément, je passe à côté de plusieurs plats boliviens délicieux. Mais bon, pour le prix et l’idée de se nourrir, c’est super.

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Retour à l’hostal, nous commençons à discuter jusqu’aux petites heures du matin. La Namibie, c’est ce que je retiendrai surtout de notre discussion. Meftah dit qu’il faut absolument découvrir ce pays incroyable!

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Le lendemain matin, lundi le 10 mars 2014, levé assez désagréable. J’ai été malade, probablement à cause de mon diner du dimanche: Je demande un verre d’eau en ayant remarqué un 20 litres d’eau potable et en buvant dans le verre, je réalise que c’est l’eau du robinet. Alors vidé de mon énergie, je me demande si je pourrai visiter la mine ou partir pour Uyuni. Après un moment de repos, Meftah et moi décidons de sortir pour aller visiter la Casa de la Moneda, Potosí étant en quelque-sorte le lieu de la naissance des pièces de monnaie.

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La mine fonctionne depuis la période Inca, toujours en fonction aujourd’hui en tant que Coopératives de travailleurs. Plus de 600 ans plus tard, elle a encore à offrir malgré tout. En arrivant à la Casa de la Moneda, nous réalisons qu’elle est fermée le dimache pour entretient. Alors, marche de retour à l’hostal, nous planifions la visite de la mine à 14h00.

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Changement d’habits, nous nous transformons en mineurs pour aller visiter une mince partie de la mine. Le cerro dominant la ville, dans lequel se trouvent la mine, est à plus de 4800 mètres d’altitude. Nous rencontrons quelques mineurs, la plupart très jeunes (moins de 30 ans), déjà à l’apparence vieillie par les dures conditions de travail.

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Découverte de la mine, peu de travailleurs cette journée-ci étaient présents car les Carnavales en Bolivie se terminaient environ aujourd’hui. Omar, notre guide, connaît tous les travailleurs de ce coin de la mine. En recontrant chacun d’entre-eux, il nous demande quel âge nous pensons qu’il peuvent avoir. En général, nous répondons le double de l’âge qu’ils ont en réalité!

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Effectivement, les conditions exécrables de travail dans les profondeurs de la terre et avec le peu de mesures avec lesquelles ils travaillent ne donnent pas de chance. L’altitude, les gazs s’échappant du coeur de la montagne, l’humidité, jouent rapidement sur la santé des travailleurs qui, pour beaucoup, souffrent de silicose.

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Visite bouleversante quoi qu’intéressante, cela m’a donné envie de passer plusieurs jours au coeur de la mine et des rencontres avec ses travailleurs. Trop serré en temps dans ce voyage, je garde cette idée pour un futur proche, laissant une partie de mon âme avec ces travailleurs.

Le soir même, départ pour Uyuni où j’arriverai à 1h00 du matin.

Hasta la victoria, siempre – Ces coups d’état! (La Paz, Bolivie.)

Courte histoire sur les coups d’états financés et perpétrés par les États-Unis et la CIA.

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La Bolivie. Un pays dont on entend peu parler, ou sinon toujours pour son président: Evo Morales,  souvent démonisé par les médias de masse en grande partie pour ses idéaux politiques et ses alliés. Tout comme Chavez ou maintenant Maduro, puis tout autre président du monde voulant nationaliser son pétrole et les ressources de son pays.

Mais vraiment, pourquoi sont-ils de « méchants » dirigeants de leurs peuples respectifs selon les médias occidentaux, alors que ce sont ces derniers même qui les ont démocratiquement élu, spécifiquement pour leurs idées et lignes de pensées?

Oh! C’est une bonne question, n’est-ce pas? En fait, il faut savoir que l’Amérique latine a depuis très longtemps ancrée en elle de fortes valeurs sociétales et égalitaires. Pour diverses raisons, longues à énumérer. Ne serait-ce qu’une grande majorité de paysans et d’ouvriers qui ont toujours travaillé très fort pour souvent finir par patiner et voir quelques étrangers s’enrichir avec les ressources de leurs pays, alors que leurs conditions de travail, leurs conditions de vie, ne s’amélioraient pas pour autant et que leurs terres étaient données à des propriétaires terriens ou des entreprises privées.

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Bien après la colonisation espagnole, les États-Unis (à partir du milieu des années 1930), commencèrent à avoir peur de la force que pourrait avoir une Amérique latine unie et souveraine, ayant un fort penchant à gauche alors que ce qui leur profite et leur convient à eux et à leurs banquiers sales et voraces est le système néolibéral.

C’est alors que commencèrent divers coups d’états financés et perpétrés par la CIA et le gouvernement étatsunien, par peur de perdre le contrôle sur les richesses de ces pays qui leur sont d’une retabilité innouie ménotairement parlant. Donc, aussitôt un gouvernement élu, s’il était socialiste et désirait nationaliser certaines entreprises (minières ou pétrolières par exemple) ou encore voulant redonner des lopins de terres aux paysans, un coup d’état ne tardait pas à survenir.

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Rapide retour dans l’histoire.

Guatemala, 27 juin 1954.
Arbenz Guzman, président démocratiquement élu, est renversé par une junte militaire mise en place par les États-Unis. Une dictature qui durera 40 ans.

Paraguay, 5 mai 1954.
Coup d’état pour renverser Frederico Chavez et instaurer l’une des pires dictatures d’Amérique latine.

Sautons dans les années 1970. (Bien d’autres coups d’états ont eu lieu entre-temps).

Chili, 11 septembre 1973.
Pinochet, dictateur mit en place par la CIA et par l’aide de l’école de Chicago, renverse Salvador Allende.

Uruguay, 27 juin 1973. 

Argentine, 24 mars 1976.

Vénézuela, 11 avril 2002. Tentative de coup d’état contre Hugo Chavez, qui durera 48 heures.

Honduras, 2009. Coup d’état contre le président Manuel Zelaya.

Paraguay, 2012.
Coup d’état pour déstituer M. Fernando Lugo, premier président d’un parti n’étant pas du « Parti Colorado », parti qui était au pouvoir depuis 1948, flattant les intérêts des États-Unis.

Toutes les dictatures instaurées par les États-Unis furent d’une brutalité et d’une violence innouie, tuant des milliers de gens par différentes méthodes. L’Opération Condor, plan longuement travaillé et développé par les États-Unis et leurs gourous dictateurials d’Amérique latine, fit tuer tous les militants de gauches, les artistes, les penseurs, les intellectuels, du fin fond du cône sud jusqu’en Europe.

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Les vols de la mort étaient une méthode appréciée, jettant par avion une poignée de gens encore en vie au dessus du Rio de la Plata. La torture des enfants et des mères enceintes, le vol de bébés naissants dans les pouponières et multiples autres méthodes furent utilisées, pour anéantir le plus possible les valeurs égalitaires des gens et leurs idéaux d’une société plus juste, plus harmonieuse, plus adaptée aux besoins humains.

Vous demandez-vous encore pourquoi une haïne envers l’impérialisme étatsunien existe et s’amplifie à travers le monde? Et ça, ce n’est qu’une parcelle de tout ce que la plupart des gens ne savent pas ou ne veulent pas savoir. Aujourd’hui même au Vénézuela, en Ukraine et en Syrie, ce même jeu est à nouveau entrain de se dérouler.

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Alors, soyez vigilents et alertes. Questionnez-vous toujours face à ce que vous recevez comme information « fast-food » facile dans vos journaux ou autres médias, c’est en général l’inverse de la réalité!

Analyse socio-politique en Ukraine. Choquant, mais la vérité l’est toujours:
http://www.michelcollon.info/La-tres-grande-majorite-des.html?lang=fr

Analyse en Ukraine / États-Unis ont appuyé les groupuscules fascistes pour renverser le gouvernement: http://www.counterpunch.org/2014/01/29/ukraine-and-the-rebirth-of-fascism/

Analyse au Vénézuela: http://www.legrandsoir.info/la-lutte-des-grands-medias-contre-la-democratie.html

Seconde analyse sur toute la manipulation d’information effectuée dans les dernières semaines sur le « conflit » au Vénézuela: http://www.michelcollon.info/Fourberies-mediatiques-au.html?lang=fr

Lago Titicaca – Islas Uros, Amantaní y Taquile.

28 et 29 février 2014.

3900 mètres.

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Un monde à part.
Une mer d’eau douce au milieu des Andes.

Partagé entre le Pérou et la Bolivie, 8372 kilomètres carrés d’eaux turquoises, d’îles, de modes de vie tout aussi différents les uns des autres. Le lac Titicaca est réellement un paradis sur terre unique en son genre.

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Au départ de Puno, visite de l’une des îles Uros, îles littéralement flottantes uniquement situées dans la baie de Puno. Il y a plus de 500 ans, les Uros parlaient Uro ou Pukina, mais a force d’échanger et de commercer avec les Aymaras, ils finirent par adopter leur langue et partager leur culture. Malgré tout, les îles Uros sont toujours bien existantes et relativement peu de changements ont été effectués dans leur mode de vie, si ce n’est que certains bateaux a moteur, quelques panneaux solaires, quelques écoles sur les plus grandes îles, etc.

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C’est réellement un mode unique, un mode de vie tout aussi unique, des gens auto-suffisants vivant principalement de la Totora, cette tige avec laquelle ils construisent les maisons, en mangent la base avant la racine, forment le sol des îles, etc.

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Départ pour la Isla Amantaní, +/- 6600 habitants.

Encore une fois, un monde complètement à part. Amantaní, une île sans électricité, sans armée, sans police, sans chien, sans voiture, un silence incroyable comme rarement nous n’avons la chance d’en avoir.

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Une nuit chez l’habitant, parlant majoritairement Quechua. Un moment agréable passé avec ces gens sympathiques, souriants, simples et chaleureux. La nuit venue, il est extrêmement difficile de pouvoir se repérer sur Amantaní, j’ai d’ailleurs eu un moment d’incertitude pour retrouver ma maison à la descente du temple de Pachamama.

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À la nuit tombée, un vent incroyable s’est mit à souffler sur l’île. Mais quel bonheur de manger dans cette petite pièce d’adobe, avec 2 chandelles et le feu de bois, accompagné de la petite famille.

« Ce fut un moment comme rarement j’en ai vécu dans ma vie. D’une profonde tranquillité, un détachement total du monde dit « développé » dans lequel nous croyons vivre. 

Où notre auto-destruction par le stress, l’incompréhension de nos propres besoins, la dépression, la recherche de réponses à la légitimité de cette société complètement dysfonctionnelle et égocentrique nous oppressent constamment. »

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Le lendemain, direction la Isla Taquile, +/- 2200 habitants.

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Cette île fut une prison durant la colonisation espagnole. Les habitants y parlent également majoritairement Quechua. Elle ne compte également ni voiture, ni police, ni armée, puis la communauté se gère d’elle-même à 100% tout comme elle gère le tourisme.

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Elle est complètement différente d’Amantaní tout en se ressemblant étrangement. La forme de l’île est tout autre, un chemin de pierre en fait presque le tour complet, se terminant par une descente de quelques 540 marches. Cette découverte fut plutôt brève mais intéressante, vraiment, à voir!

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Retour à Puno, avec beaucoup d’incertitudes et de remises en question sur la vie. Puno, ne sais-je pourquoi, m’a plutôt attristée et j’avais une envie intense de la quitter. Peut-être simplement à cause d’un incroyable coup d’insolation dû au soleil, à l’altitude et au fort vent des 2 derniers jours. Ou plutôt, à un mélange de nostalgie face à ma propre existence et à ces différentes réalités de vie qui me semblent beaucoup plus justes et honnêtes pour l’humain que ce capitalisme effréné imposé, détruisant les valeurs humaines encore si présentes là où elles ne furent pas encore écrasées à coup de climat de peur éternel, de manipulation d’information et de lavage de cerveau médiatique.

Malheureusement, la frontière Pérou/Bolivie fermant en début de soirée, il était beaucoup trop tard pour pouvoir quitter vers La Paz, je devais donc attendre le lendemain matin, en profitant pour prendre un peu de repos.

Mañana, Bolivia.

Grève à Cuzco – 25 et 26 février 2014

25 février 2014

Piquets de grève dans la région de Cuzco.

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La « Federación Departamental de Trabajadores Cusco (FDTC) », dont le président est Wilfredo Álvarez, a organisé 48 heures de mobilisation avec divers autres groupes et organismes, se mobilisant pour montrer un élan de force contre le gouvernement de Ollanta Humala, réclamant les promesses non accomplies de ce dernier, l’inertie face à l’amélioration des conditions de vie des plus démunis, à la gestion des ressources du pays, etc.

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Taxi et transport en commun resteront immobiles, le centre de la ville interdit de circulation. Jusqu’à cette heure, le bilan y est de 5 arrestations et 7 blessés.

Les routes pour Arequipa et Puno sont également bloquées, ainsi que pour la Vallée Sacrée et Lima.

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26 février 2014

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Selon les estimés, environ 50 000 personnes furent présentes durant l’événement. Les transports toujours bloqués, divers discours furent prononcés par les différents groupes et organismes participant au blocage.

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La marche a débutée vers 13h30, peu après la tenue des discours. Elle a commencé par descendre l’Avenida del Sol, pour ensuite la remonter au Jardin Sagrado. Elle s’est dispersée après avoir emprunté la Avenida Almagro, puis s’est emportée après avoir aperçu un commerce ouvert.

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Lors des votes de grève, les gens ne respectant pas la décision en assemblée ne sont pas apprécié, que ce soit un commerce ouvert ou un véhicule en circulation. Étant le seul étranger, j’ai suivi une partie du groupe vers ce commerce, certains lançant des pierres vers l’intérieur de la boutique qui finalement, ferma ses portes.

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Quelques secondes plus tard, un homme fut pris à partie par certains manifestants, le décrivant comme un voleur. Une ambiance assez lourde fut ressentie, puis ils commencèrent à le frapper juste avant de parvenir à s’échapper du groupe d’une centaine de personnes. On m’a alors fortement conseiller de cacher mon appareil photo à multiples reprises, puis une course vers le Puente Santiago, au-dessus de la Avenida Ejército.

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L’homme en question réussi à se cacher dans une banque, après avoir descendu les nombreuses marches pour parvenir à cette importante avenue. La tension était forte, il était difficile du haut du pont de voir quoi que ce soit, une foule de gens s’étant ruée sur la rambarde.

À l’arrivée d’une quinzaine de policiers anti-émeute, j’en ai profité pour me frayer un chemin dans les escaliers descendant à la banque en question. L’homme fut évacué par une voiture de police, les policiers ayant formé un mur devant les portes de la banque.

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Et aujourd’hui, départ pour Puno!

Matt